• Fiscalité & Succession
Les droits de succession 2026 font l’objet d’une note officielle publiée en avril par les services du Premier ministre. Les barèmes restent gelés jusqu’en 2028, les frais bancaires sont désormais plafonnés et le délai pour déclarer une succession reste fixé à six mois. Spécialiste de la recherche d’héritiers depuis plus de 80 ans, l’Étude Tranchant décrypte ce que ces règles changent concrètement pour les familles.
Comment calcule-t-on les droits de succession en 2026 ?
Les droits de succession 2026 se calculent en quatre étapes. Le principe n’a pas changé, mais il reste mal compris par beaucoup d’héritiers. Voici la méthode exacte.
Étape 1 — Évaluer l’actif net du défunt
On commence par estimer la valeur totale des biens du défunt : immobilier, comptes bancaires, placements, meubles, bijoux, œuvres d’art. On soustrait ensuite ses dettes : emprunts en cours, impôts dus, frais funéraires dans la limite de 1 500 euros. La différence donne l’actif net successoral.
Étape 2 — Répartir l’actif entre les héritiers
L’actif net se répartit entre les héritiers selon les règles légales ou testamentaires. Chaque héritier reçoit une part. C’est sur cette part individuelle — pas sur la totalité de la succession — que les droits se calculent.
Étape 3 — Appliquer l’abattement personnel
Chaque héritier bénéficie d’un abattement personnel avant tout calcul. Son montant dépend du lien de parenté avec le défunt. On soustrait cet abattement de la part reçue. Le résultat est la base taxable.
Étape 4 — Appliquer le barème progressif
Le barème progressif s’applique à la base taxable. Comme pour l’impôt sur le revenu, chaque tranche a son propre taux. Le taux le plus élevé ne s’applique qu’à la partie de la base qui dépasse le seuil de la tranche — jamais à la totalité.
Les abattements par lien de parenté en 2026
Les abattements sont gelés depuis 2013 et le restent jusqu’en 2028. Voici les montants applicables aux droits de succession 2026 selon le lien de parenté :
- Enfant, père ou mère du défunt : 100 000 euros
- Petit-enfant : 1 594 euros (31 865 euros par représentation si l’enfant est prédécédé)
- Arrière-petit-enfant : 1 594 euros
- Frère ou sœur : 15 932 euros
- Neveu ou nièce : 7 967 euros
- Beau-enfant (sous conditions depuis 2026) : 15 932 euros
- Personne handicapée : 159 325 euros (cumulable avec l’abattement familial)
- Toute autre personne : 1 594 euros
Ces abattements se reconstituent tous les quinze ans. Un parent qui a déjà fait une donation à un enfant il y a plus de quinze ans peut donc transmettre à nouveau jusqu’à 100 000 euros en franchise de droits.
L’abattement des beaux-enfants, nouveauté 2026
La loi de finances 2026 a relevé l’abattement applicable aux beaux-enfants de 1 594 euros à 15 932 euros. Cet abattement est soumis à des conditions strictes : le défunt doit avoir été marié ou pacsé avec le parent de l’enfant et avoir assuré une prise en charge effective et continue d’au moins cinq ans pendant la minorité. Sans ces conditions, le beau-enfant reste taxé comme un tiers — au taux de 60 % après un abattement de 1 594 euros seulement.
Le barème progressif des droits de succession en ligne directe
En ligne directe — parents, enfants, petits-enfants — le barème 2026 est le suivant :
- Jusqu’à 8 072 € de base taxable : 5 %
- De 8 073 € à 12 109 € : 10 %
- De 12 110 € à 15 932 € : 15 %
- De 15 933 € à 552 324 € : 20 %
- De 552 325 € à 902 838 € : 30 %
- De 902 839 € à 1 805 677 € : 40 %
- Au-delà de 1 805 677 € : 45 %
Exemple de calcul concret
Un enfant hérite d’une part de 150 000 euros. Il bénéficie de l’abattement de 100 000 euros. Sa base taxable est de 50 000 euros. Le calcul des droits s’effectue ainsi :
- 5 % sur les 8 072 premiers euros = 403 €
- 10 % sur les 4 037 € suivants = 404 €
- 15 % sur les 3 823 € suivants = 573 €
- 20 % sur les 34 068 € restants = 6 814 €
Total : 8 194 euros de droits, soit un taux effectif de 5,5 % sur les 150 000 euros reçus. Un montant souvent inférieur à ce que les héritiers imaginent — à condition que l’abattement soit pleinement applicable.
Barème pour les autres héritiers
En dehors de la ligne directe, les taux montent rapidement. Pour les frères et sœurs, le barème est de 35 % jusqu’à 24 430 euros de base taxable, puis 45 % au-delà. Pour les neveux et nièces, le taux unique est de 55 %. Pour toute autre personne — concubin, beau-fils non éligible, ami — le taux est de 60 % après un abattement de 1 594 euros seulement.
Barèmes gelés jusqu’en 2028 : l’effet discret de l’inflation sur les droits de succession 2026
La loi de finances 2026 ne modifie ni les abattements ni les tranches du barème. Ce gel est en place depuis 2013 et se prolonge jusqu’en 2028. En apparence, rien ne change. En réalité, ce gel produit un effet fiscal progressif que beaucoup d’héritiers ne voient pas venir.
Le mécanisme est simple. Les prix de l’immobilier ont augmenté de façon significative depuis 2013. Un appartement qui valait 200 000 euros à l’époque en vaut parfois 350 000 aujourd’hui. L’abattement, lui, est resté à 100 000 euros. La base taxable a donc mécaniquement augmenté — sans que le législateur ait officiellement relevé les taux.
Un exemple concret depuis 2013
En 2013, un enfant unique héritait d’un patrimoine net de 200 000 euros. Sa base taxable était de 100 000 euros. Ses droits s’élevaient à environ 18 194 euros. En 2026, le même patrimoine vaut 320 000 euros après inflation et revalorisation immobilière. La base taxable est désormais de 220 000 euros. Les droits atteignent environ 38 194 euros. La facture a plus que doublé sans qu’aucun barème n’ait officiellement changé.
C’est ce que les notaires et spécialistes du patrimoine appellent le « durcissement fiscal silencieux ». Il touche particulièrement les classes moyennes patrimoniales — familles propriétaires d’un bien immobilier dans des zones où les prix ont fortement progressé.
Anticiper pour limiter l’impact
Face à ce gel, plusieurs outils permettent de réduire la base taxable : donations de votre vivant (l’abattement se reconstitue tous les quinze ans), démembrement de propriété, assurance-vie. Ces stratégies doivent être mises en place suffisamment tôt. Un notaire est le bon interlocuteur pour construire une planification successorale adaptée à votre situation.
Qui est exonéré de droits de succession en 2026 ?
Certains héritiers ne paient aucun droit de succession, quelle que soit la valeur du patrimoine reçu.
Le conjoint marié et le partenaire de PACS
Depuis la loi TEPA du 21 août 2007, le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession. Cette exonération est illimitée — elle s’applique quel que soit le montant hérité. Une précision importante : le partenaire de PACS n’est pas héritier légal automatique. Il doit être désigné par testament. Sans testament, il n’hérite de rien — même si l’exonération fiscale lui est acquise une fois désigné.
Les frères et sœurs sous conditions strictes
Un frère ou une sœur peut être exonéré de droits de succession si trois conditions sont réunies simultanément au moment du décès : il ou elle était célibataire, veuf ou divorcé ; il ou elle était domicilié chez le défunt depuis au moins cinq ans ; il ou elle est âgé de plus de 50 ans ou atteint d’une infirmité rendant le travail impossible. Ces trois conditions doivent toutes être remplies — une seule d’entre elles manquante et l’exonération ne s’applique pas.
Les contrats d’assurance-vie hors succession
Les capitaux versés au titre d’un contrat d’assurance-vie ne font pas partie de la succession civile. Ils bénéficient d’un régime fiscal propre. Chaque bénéficiaire désigné profite d’un abattement de 152 500 euros sur les primes versées avant les 70 ans du souscripteur. Au-delà, le taux est de 20 % jusqu’à 700 000 euros et 31,25 % au-delà — nettement plus favorable que le barème standard pour les personnes non parentes.
Frais bancaires désormais plafonnés : une nouveauté concrète en 2026
Les droits de succession 2026 ne se limitent pas à l’impôt dû au fisc. Les héritiers doivent aussi faire face aux frais bancaires liés à la clôture des comptes, au transfert des avoirs et à la gestion administrative des produits d’épargne du défunt. Ces frais ont longtemps été une source d’incompréhension — et parfois d’abus.
La loi adoptée par le Sénat le 5 mai 2025 et entrée en vigueur fin 2025 a mis fin à cette situation. Deux règles claires s’appliquent désormais :
- Si le total des soldes et produits d’épargne est inférieur à 5 910 euros, aucun frais bancaire ne peut être prélevé. Les petits héritages bénéficient d’une gratuité totale.
- Pour les montants supérieurs, les frais bancaires sont plafonnés à 1 % des sommes transmises, avec un maximum de 857 euros. Ce taux s’applique à toutes les banques sans exception.
Quelles successions restent complexes malgré ces règles ?
Certaines situations maintiennent des frais potentiels même sous le seuil de 5 910 euros. La loi prévoit des exceptions pour les successions complexes : absence d’héritier direct, crédit en cours au nom du défunt, compte professionnel, ou avoirs situés hors de France. Dans ces cas, la banque garde la possibilité de facturer des frais, dans la limite du plafond de 1 %.
Le délai de six mois pour déclarer : une contrainte souvent sous-estimée
Les héritiers disposent de six mois à compter du décès pour déposer la déclaration de succession auprès du service des impôts du domicile du défunt (article 641 du Code général des impôts). Ce délai passe à douze mois lorsque le décès a eu lieu à l’étranger.
Un retard entraîne des pénalités automatiques : intérêt de retard de 0,20 % par mois et majoration de 10 % si la déclaration n’est pas déposée dans les douze mois. Ces pénalités s’appliquent sur le montant des droits dus — elles peuvent représenter plusieurs milliers d’euros dans les successions importantes.
Le paiement peut être fractionné
Les droits de succession 2026 peuvent faire l’objet d’un paiement fractionné en deux ou trois versements sur un à trois ans, moyennant des intérêts. Cette option est particulièrement utile lorsque le patrimoine est majoritairement immobilier et que les héritiers ne disposent pas immédiatement des liquidités nécessaires pour régler la facture fiscale.
Le paiement différé pour les transmissions d’entreprise
Lorsqu’une succession inclut une entreprise individuelle ou des parts de société, le paiement des droits peut être différé jusqu’à cinq ans, puis fractionné sur dix ans supplémentaires. Le dispositif Dutreil permet par ailleurs d’exonérer 75 % de la valeur de l’entreprise transmise sous conditions d’engagement collectif et individuel de conservation des titres.
Quand un héritier est introuvable : les droits de succession en suspens
Le délai de six mois pour déclarer la succession cache une difficulté majeure que les familles découvrent souvent trop tard : si un héritier est introuvable, la déclaration ne peut pas être déposée dans les règles. On ne peut pas répartir une succession entre des héritiers dont on ne connaît pas l’identité ou l’adresse.
Cette situation est plus fréquente qu’on ne le croit. Environ 15 % des successions déclarées vacantes retrouvent finalement un héritier grâce à l’intervention d’un généalogiste successoral. Dans les familles recomposées, les successions avec enfants nés hors mariage ou les branches familiales parties à l’étranger, ce chiffre est encore plus élevé.
Les risques concrets d’une succession incomplète
Régler une succession sans identifier tous les héritiers expose à des risques sérieux. Un héritier omis peut contester l’acte de notoriété des années après. Il peut demander l’annulation du partage et réclamer sa part avec des intérêts. Dans les cas les plus graves, les héritiers ayant reçu leurs parts sans attendre peuvent être condamnés à rembourser une fraction de ce qu’ils ont perçu.
Ces litiges successoraux sont coûteux, longs, et destructeurs pour les relations familiales. La prévention reste la meilleure approche.
Le généalogiste successoral : identifier les héritiers avant l’échéance fiscale
Face au délai de six mois, le notaire peut mandater un généalogiste successoral dès l’ouverture de la succession. Ce mandat, encadré par l’article 36 de la loi du 23 juin 2006, déclenche des investigations pour identifier et localiser les héritiers inconnus ou introuvables.
L’Étude Tranchant intervient dans ce cadre depuis plus de 80 ans. Nos bases de données — des centaines de millions de fiches numérisées — et notre réseau de correspondants en France et à l’étranger permettent de retrouver des héritiers dans des délais compatibles avec les contraintes fiscales de la succession.
Ce que le généalogiste produit pour le notaire
Le généalogiste successoral remet au notaire un tableau généalogique certifié, établissant l’identité et les droits de chaque héritier jusqu’au sixième degré successible. Ce document est annexé à l’acte de notoriété. Il donne à la succession une base juridique solide, à l’abri des contestations futures.
Sans ce travail préalable, le notaire ne peut pas déposer une déclaration de succession complète. La succession reste ouverte, les délais courent, et les pénalités commencent à s’accumuler — parfois sans que les héritiers présents en soient conscients.
Agir vite, dès l’ouverture de la succession
Nous le constatons régulièrement : les familles qui nous contactent tôt — dans les premières semaines suivant le décès — obtiennent les meilleurs résultats. Les recherches généalogiques prennent du temps, surtout lorsqu’elles impliquent des archives étrangères ou des branches familiales dispersées. Attendre les dernières semaines avant l’échéance fiscale réduit les marges de manœuvre et complique les démarches.
Questions fréquentes sur les droits de succession 2026
Les droits de succession ont-ils augmenté en 2026 par rapport à 2025 ?
Officiellement, non. La loi de finances 2026 n’a pas modifié les barèmes ni les abattements. Ils restent gelés jusqu’en 2028. En revanche, le gel lui-même produit un effet de durcissement fiscal progressif : les patrimoines immobiliers ont augmenté avec l’inflation, mais les abattements n’ont pas suivi. Les héritiers paient donc davantage de droits qu’il y a dix ans pour des biens qui ont pris de la valeur, sans que le législateur ait officiellement relevé les taux.
Mon conjoint doit-il payer des droits de succession sur ce qu’il reçoit ?
Non. Le conjoint marié est totalement exonéré de droits de succession depuis la loi TEPA de 2007 (article 796-0 bis du CGI). Cette exonération est illimitée et s’applique à tous les biens reçus au décès. Le partenaire de PACS bénéficie de la même exonération totale — à condition d’avoir été désigné par testament, car le PACS ne crée pas de vocation successorale automatique contrairement au mariage.
Quel est le délai pour payer les droits de succession en 2026 ?
La déclaration de succession doit être déposée dans les six mois suivant le décès (douze mois si le décès a eu lieu à l’étranger). Les droits sont exigibles au moment du dépôt. Un paiement fractionné est possible en deux ou trois versements sur un à trois ans, avec intérêts. Pour les transmissions d’entreprise sous pacte Dutreil, le paiement peut être différé jusqu’à cinq ans puis fractionné sur dix ans supplémentaires.
Que se passe-t-il si un héritier est introuvable au moment de déclarer la succession ?
La succession ne peut pas être réglée tant que tous les héritiers n’ont pas été identifiés. Le notaire peut mandater un généalogiste successoral pour retrouver l’héritier introuvable dans le délai de six mois. Si les recherches échouent, une procédure de présomption d’absence peut être engagée. Si aucun héritier ne se manifeste dans les délais légaux, la succession peut être déclarée vacante et confiée à la DNID. Les droits de succession restent dus une fois la succession réglée — les pénalités de retard s’accumulent pendant toute la durée des recherches si le délai légal est dépassé.
Les frais bancaires font-ils partie des droits de succession ?
Non. Les frais bancaires sont distincts des droits de succession. Les droits de succession sont versés au Trésor public (direction des impôts). Les frais bancaires sont prélevés par l’établissement financier pour couvrir les opérations de clôture des comptes et de transfert des avoirs. Depuis 2026, ces frais sont plafonnés à 1 % des sommes transmises et sont totalement gratuits lorsque le total des soldes est inférieur à 5 910 euros.
L’assurance-vie est-elle soumise aux droits de succession ?
Pas directement. Les capitaux d’assurance-vie versés au bénéficiaire désigné ne font pas partie de la succession civile. Ils relèvent d’un régime fiscal séparé, plus avantageux. Pour les primes versées avant les 70 ans du souscripteur, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 euros, puis d’un taux de 20 % jusqu’à 700 000 euros et 31,25 % au-delà. Pour les primes versées après 70 ans, seule la fraction dépassant 30 500 euros est réintégrée dans la succession et taxée selon le barème classique des droits de succession.
Sources
- Service Public / DILA — Droits de succession : quel montant devez-vous payer en 2026 ? (16 mars 2026)
- Légifrance — Article 641 du CGI : délai de déclaration de succession
- Légifrance — Article 796-0 bis du CGI : exonération conjoint survivant et partenaire PACS
- AGIPI — Héritage : ce que vous devez savoir sur les droits de succession en 2026 (mars 2026)
- BDOR — Frais bancaires de succession : plafonnement à 1 % (janvier 2026)


